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cryptologie

cryptographie & cryptanalyse

Le tatouage ou watermarking

Publié le 7 Juin 2014 par Levy

L’apparition de la sténographie est très ancienne, elle remonte à l’antiquité. En effet, les premiers exemples connus nous viennent directement des Grecs. Ils rasaient les cheveux d’un esclave, puis tatouaient sur son crâne un message. Une fois les cheveux repoussés, l’esclave pouvait traverser les territoires ennemis sans éveiller les soupçons. Une fois à destination, il suffisait de raser à nouveau le crâne pour récupérer le message. Bien sûr, il ne fallait pas être pressé... Au cours de l’histoire, les techniques ont évoluées sans cesse, et on a vu au fur et à mesure du temps la naissance de nouveau procédés plus efficaces. Par exemple les encres sympathiques, qui furent la méthode la plus utilisée au cours des siècles. On écrit, au milieu des textes écrits à l’encre, un message à l’aide de jus de citron, de lait ou de certains produits chimiques. Il est invisible à l’œil, mais une simple flamme, ou un bain dans un réactif chimique, révèle le message.

Il a donc fallu attendre jusqu’en 1992 pour voir les premières apparitions commerciales du Watermarking, ou du moins ce fut la première année ou des articles commençaient à paraître sur le sujet. En effet, il semblerait que l’ont eu recours aux tatouages de certains documents bien avant cette date. On raconte qu’en 1986, Margaret Thatcher, ne supportant plus que certains de ses ministres vendent des informations à la presse, exigea que tous les traitements de textes de son cabinet soient programmés afin que l’identité des utilisateurs soit encodée dans les espaces de leurs textes. Si une fuite advenait, on pouvait alors identifier le coupable.

Le terme « watermark » provient probablement de l’allemand « wassermark ».

Bien entendu, la véritable explosion du watermarking s’est produite avec l’explosion des connexions Internet, et du libre-échange des fichiers. De ce fait, certaines majors américaines l’utilisent, non pas pour les DVD grands publics, mais pour les screeners qui sont diffusés aux journalistes avant la sortie d’un film. S’ils revendent le DVD, ou s’ils le diffusent en DIVX, ils courront alors le risque que leurs "empreintes digitales" inscrites en filigrane ne les démasquent. Le principal problème dans le développement du "watermarking" est donc sa robustesse face aux attaques (compression du média, filtrage, etc.), or il y a à peine cinq ans, il était loin de satisfaire ces dures exigences, mais les progrès récents effectués utilisant des mathématiques de haut niveau permettent une lutte équilibrée avec les pirates.

Maintenant, de nombreux industriels et sociétés de droits d’auteur se montrent confiants avec ce procédé. La JASRAC et la RIAJ ont par exemple reproduit des tests en condition réels utilisant différentes technologies de tatouage. Pour cela, ils ont incrusté en watermark le code standard international d’une œuvre musicale (ISWC) dans un fichier audio qu’ils ont ensuite convertie au format MP3, et envoyé sur des serveurs Internet. En combinant ceci avec un système de surveillance, conçu pour dépister les fichiers musicaux illicites et équipés d’un programme de détection de watermark, les tests ont été concluants. La société Verance, de son côté, a su convaincre Universal Picture d’équiper dès 2004, la majorité de ses DVD, HSH, etc., de son nouveau système de watermarking vidéo.

En bref, cette science si on peut la nommer ainsi est en pleine explosion actuellement, et cela risque de continuer longtemps, du moins tant que des données pourront être copiées et échangées impunément.

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